Théâtre

“Dans le silence des paumes” : au bord de la mère

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“Dans le silence des paumes” : au bord de la mère

Dans le silence des paumes. Texte et mise en scène de Florian Pâque. ©Narjesse Medjahed

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Cet article est issu du numéro 191 de Philosophie magazine, en kiosque le 03 juillet 2025.

Pourquoi avoir toujours évité de nous prendre la main ? Deux frères et une sœur se posent la question alors que leur mère vient de mourir. Puis ils glissent leur visage dans ses mains « pour y pleurer ». Alors, « comme dans une coque vide on perçoit les flots de l’océan, c’est au creux de ses paumes, dans les sillons qui contenaient nos larmes, que nous avons écouté l’histoire de son corps, qu’elle avait toujours voulu nous épargner ». Ainsi commence cette courte pièce hybride, à la fois documentaire et poétique, qui retrace l’histoire de Maryse, une mère courage née à la fin des années 1950, devenue « solo » après la mort de son compagnon dans un accident. Élevée sans effusions, la fratrie confronte ses souvenirs et remonte le temps pour tenter de comprendre, sinon d’excuser, cette femme éprouvée par la vie. Imaginé à partir de récits recueillis auprès de travailleurs précaires, ce spectacle a été pensé pour être joué en dehors des grandes salles, au plus près du public, en appartement ou dans les écoles par exemple. Il donne corps à ces mères dont parle la philosophe Elsa Godart dans Enfanter une étoile qui danse (Dunod, 2025), un essai écrit comme une « phénoménologie du chaos quotidien », laissant lui aussi la parole aux témoignages. La philosophe y poursuit « l’œuvre du féminisme maternel », élaborant « une subjectivité du maternel : le maternisme, capable de donner une autre place à la maternité dans le champ social, de redonner un visage de sujet à des individus effacés »… comme les comédiens le font sur scène. 

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