L’objet
Allumez le feu… de cheminée, avec Gaston Bachelard
Gaston Bachelard. © Wikimedia commons
S’installer face à un feu de cheminée, un geste philosophique ? La réponse de Gaston Bachelard face aux mystères des stères se consumant dans l'âtre.
S’installer face à un feu de cheminée, c’est comme suspendre le temps et chercher du réconfort au-delà de la chaleur. Dans sa Psychanalyse du feu, le philosophe Gaston Bachelard, qui a grandi à la campagne, à Bar-sur-Aube, explique que ce spectacle prédispose à la contemplation. Comme Empédocle, le penseur présocratique fasciné par les quatre éléments et qui périt, selon le mythe, en tombant dans l’Etna, nous ressentons l’« appel du bûcher ».
L’appel du bûcher
Face aux couleurs changeantes des flammes, nous basculons dans la rêverie. Mais il y a plus : ce spectacle nous met sous les yeux le caractère éphémère de l’existence, il éveille en nous « le désir de changer, de brusquer le temps, de porter toute la vie à son terme, à son au-delà. Alors la rêverie est vraiment prenante et dramatique ; elle amplifie le destin humain ; elle relie le petit au grand, le foyer au volcan, la vie d’une bûche et la vie d’un monde ». Le moment du feu est celui d’une sortie de l’ordinaire. « J’aimerais mieux, je crois, manquer une leçon de philosophie que manquer mon feu du matin », écrit Bachelard. Une manière de sortir le corps du froid nocturne, tout en faisant un memento mori ?