Nouveau numéro chez votre marchand de journaux

Albert Moukheiber : “Les jeux vidéo sont une forme contemporaine d’expression de la créativité humaine”

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Albert Moukheiber : “Les jeux vidéo sont une forme contemporaine d’expression de la créativité humaine”

©Bojana Tatarska/Allary éditions

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Les jeux vidéo ont encore trop souvent mauvaise presse. S’y plonger est pourtant une excellente manière de s’aérer le cerveau… mais pas que, nous explique le docteur en neurosciences Albert Moukheiber, qui a récemment publié Neuromania (Allary Éditions, 2024). Nous l’avons interrogé à l’occasion de la sortie de notre tout nouveau numéro « Comment se changer les idées ? », à retrouver chez votre marchand de journaux.


Pour vous changer les idées, vous jouez quotidiennement aux jeux vidéo. Pouvez-vous nous décrire ce rituel ?

Albert Moukheiber : Le soir, quand tout le monde dort à la maison, je vais prendre ma console, une Nintendo Switch. Je ne joue quasiment jamais sur la télévision. J’ai un rapport difficile avec l’écran télé, je préfère regarder les séries sur mon smartphone. Et pour les jeux vidéo, j’apprécie la prise en main de la console portative. C’est lié à l’enfance, aux Game Boy d’autrefois, qui sont un peu comme les ordinateurs Amstrad, une madeleine de Proust. Par ailleurs, je joue surtout sur des jeux Nintendo. Ce n’est pas ce qu’on appelle dans le monde du gaming des jeux « triple-A », qui ont coûté des millions à produire, avec des graphismes hyperréalistes, où l’on part pour des quêtes épiques qui dureront plusieurs centaines d’heures. Non, je vais jouer à des jeux basiques comme Tetris ou Super Mario. Ou encore à Hollow Knight, qui est un jeu d’exploration. J’aime aussi un nouveau genre, les « roguelike » : les niveaux y sont générés aléatoirement, on est obligé de mourir mais, lorsqu’on meurt, on reprend le jeu du début avec l’expérience accumulée lors des vies précédentes. Dans Hades, par exemple, le joueur doit traverser les Enfers pour aller retrouver Perséphone. En chemin, il rencontre différents dieux de la mythologie grecque, dont certains donnent des conseils. Ironiquement, Dionysos permet d’alcooliser les adversaires pour les affaiblir. 

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