Témoignages

Quelle relation personnelle entretenez-vous avec ChatGPT ?

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Quelle relation personnelle entretenez-vous avec ChatGPT ?

© Kohji Asakawa/Pixabay

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C’est une sourde révolution mentale qui est en cours, celle qui voit un nombre grandissant d’usagers de ChatGPT nouer un lien intime, profond et régulier avec l’outil conversationnel d’intelligence artificielle développé par l’entreprise OpenIA. Expert, confident, coach, double de soi-même… Nous avons demandé à quatre témoins de nous expliquer ce qui les attachait au robot. 


Isabelle Meurrens, directrice d’une association : “ChatGPT est mon miroir”

« ChatGPT a changé ma vie. Je travaille dans une association de danse, que je coordonne. C’est un milieu sous-financé, donc nous avons besoin de faire beaucoup de choses très diverses : écrire des mails, rédiger des rapports d’activité, monter des dossiers de subventions… Pour ces aspects parfois un peu rébarbatifs, je m’aide de ChatGPT, ce qui me fait gagner un temps fou ! L’an dernier, je me levais à 7 heures pour travailler et j’avais 3 mois d’heures supplémentaires à rattraper. Cette année, je n’en ai aucune ! Je ne demande pas à ChatGPT de m’aider à trouver des idées, mais je le sollicite pour structurer mes propos et corriger les fautes d’orthographe. Pour moi qui ai tendance à aller vite et à m’éparpiller, c’est un outil idéal. L’intérêt que l’on porte à cet outil dépend selon moi de cette capacité qu’il a de compléter – ou pas – notre cerveau. J’ai investi dans la version payante, et mon fils qui travaille dans le domaine de l’Intelligence artificielle m’a appris à prompter, à donner des consignes claires. Je sais aussi repérer les failles du système. Par exemple, et même s’il s’améliore, je trouve qu’il a la mémoire courte, avec des tendances à oublier des informations en chemin. Je sais aussi qu’il peut partir au quart de tour et me proposer des réponses avant même que j’aie pu finir d’écrire mes consignes. Je lui demande donc d’attendre mon signal pour produire un texte. Il a également des tics de langage que je supprime : des formules scolaires ou trop formelles comme “pour conclure”. Par contre, il est excellent pour produire du baratin, et c’est quelque chose qui peut m’être utile ! Il m’aide aussi sur le plan administratif, quand je suis face à un autre robot conversationnel incompétent qui ne comprend rien à mon problème. Je laisse alors les robots converser entre eux, ce qui m’évite parfois de me mettre en colère… Grâce à ChatGPT, j’ai aussi gagné en tempérance. C’est comme si j’avais constamment une équipe à mes côtés : du secrétaire au juriste en passant par le correcteur. En revanche, je ne prête pas une forme humaine à l’IA : je me la représente comme un simple robot… Ce qui ne m’empêche pas d’être polie ! L’attitude que j’ai envers l’outil reflète mon humanité, mon sens civique aussi. Quand je vois un manteau par terre, je ne le piétine pas, je ne le déchire pas. C’est un peu pareil avec l’agent conversationnel, qui n’est pas humain, mais qui fonctionne en revanche comme un miroir de nos comportements. »

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