Air du temps
Poudre “Sniffy” : le début d’une “carrière” d’accro à la cocaïne ?
Sniffy est une poudre blanche “aromatisée et énergisante”, non psychotrope, vendue avec une paille, pour prise nasale, dans les bureaux de tabac et sur internet au prix d’une dizaine d’euros le gramme. © Frédéric Speich/La Provence/Maxppp
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Le ministère de la Santé a déposé un arrêté demandant la suspension de la mise sur le marché des produits vendus sous forme de poudre, à l’instar de « Sniffy », une poudre blanche « énergisante » vendue dans les bureaux de tabac et sur internet, à consommer en prise nasale. Bien qu’elle soit dépourvue de substances psychotropes potentiellement dangereuses, son mode d’usage interroge. Ne prépare-t-il pas à ce que le sociologue Howard Becker appelle une « carrière » addictive ? Éclairage.
« Une poudre blanche qu’on inhale par le nez ? Bien que cela puisse évoquer le plaisir interdit, c’est totalement conforme à la loi », pouvait-on lire encore récemment sur le site internet de la poudre « Sniffy ». Après le coup de pression mis par le ministère de la Santé, l’entreprise Power Factory a changé de discours, jeudi 6 juin, et suggère désormais de diluer la poudre énergisante dans un verre d’eau ou la faire fondre sous la langue. Reste que le terme « Sniffy » évoque bien l’inhalation rapide par le nez et que nombre de consommateurs continueront d’ingérer la substance comme une « trace », à l’aide d’une paille. Le tout pour 14,90 euros le gramme.
Imaginaire nasal
Toute ressemblance avec un produit illégal bien connu est purement fortuite, car le produit est inoffensif. C’est en tout cas ce qu’affirme le site de la marque déposée, qui, malgré l’interdiction annoncé à un public mineur, n’hésite pas à surfer sur un marketing adolescent : couleur vert-fluo, composition à base de taurine et de caféine comme les sodas, et tutoiement de la clientèle cible. L’interdiction de Sniffy pourra-t-elle aboutir ? Pas simple, comme l’expliquait l’avocate en droit pénal Raphaële Tort-Bourgeois dans un article du Monde : « Le geste et la forme [liés à] cette substance s’apparentent à de la prise de stupéfiant, mais je ne vois pas comment cela pourrait être interdit, vu que les composants ne sont pas prohibés. » L’affaire suit son cours.