Les clés d'un classique

Platon et les poètes, une attitude ambivalente : un extrait de la “République” commenté

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Platon et les poètes, une attitude ambivalente : un extrait de la “République” commenté

©William L. pour PM

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Platon glorifie le poète au moment même où il décide de le bannir de sa Cité idéale. Si certains doivent partir, d’autres restent les bienvenus… à condition de se soumettre aux ordres du législateur. 

L’extrait

« SOCRATE — C’est seulement dans une telle cité que nous trouverons un cordonnier qui soit cordonnier, un homme de guerre qui soit homme de guerre, et non commerçant en plus d’exercer le métier de la guerre, et ainsi pour toutes les activités *  […].
ADIMANTE — C’est vrai, dit-il.
SOCRATE — Il semble donc que si un homme capable par son talent de se transformer de mille manières et d’imiter toutes sortes de choses * venait en personne dans notre cité avec le projet d’y représenter ses compositions poétiques, nous le vénérerions comme un être sacré, merveilleux, délicieux *, mais nous lui dirions qu’il n’y a pas d’homme comme lui dans notre cité, et qu’il n’est pas conforme à la loi qu’il s’y intègre. Nous l’enverrions dans une autre cité non sans avoir oint sa tête de parfums et l’avoir couronné de tresses de laine. En ce qui nous concerne, nous exigerons un poète plus austère et moins plaisant, et un raconteur d’histoire utile qui n’imiterait pour nous que la manière de s’exprimer de l’homme vertueux, et qui proposerait ses discours selon ces modèles que nous avons prescrits dans nos lois dès l’origine, lorsque nous avons entrepris de former nos guerriers. »
— Platon, République, III, 398a-b

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