Questionnaire de Socrate
Peaches : le cru et le queer
Peaches. © The Squirt Deluxe
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Cet article est issu du numéro 198 de Philosophie magazine, en kiosque le 26 mars 2026.
Dix ans que la chanteuse, musicienne et performeuse canadienne Peaches n’avait pas sorti d’album, bien qu’elle ait fait l’objet d’un documentaire en 2024, Peaches Goes Bananas. Depuis son hit Fuck the Pain Away en 2000, la chanteuse est pourtant une icône des dancefloors comme d’une culture queer aussi joyeuse que militante. Entre performance artistique festive et manifeste politique, ses concerts défendaient des enjeux féministes pas encore à la mode. À presque 60 ans, la voilà désormais qui porte un tube de lubrifiant en étendard. No Lube So Rude affirme le titre de son nouvel album – soit quelque chose comme « Sans lubrifiant, c’est méchant ». En dix ans, le monde serait-il devenu plus rugueux ? Le miracle avec Peaches, c’est que tout glisse, même le plus cru. À vérifier le 22 avril à l’Élysée-Montmartre, à Paris.
Tout recouvrir de lubrifiant, ce n’est pas un peu risqué ?
Je l’emploie comme métaphore d’un monde de frictions où il est de plus en plus difficile de se faire entendre et d’écouter. Je rêve d’une sorte de lubrifiant magique qui permette aux gens d’être moins remontés les uns contre les autres. Selon notre position sociale et notre genre, nous avons par ailleurs été trop habitués à encaisser l’inconfort, à ne pas nous plaindre, voire à normaliser la honte. Le lubrifiant, ce n’est pas un moyen d’éviter le conflit mais de le traverser la tête haute.