La grande question

L’homme est-il naturellement bon ?

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L’homme est-il naturellement bon ?

(Saint) Augustin et Jean-Jacques Rousseau. © Domaine public

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Y a-t-il des gentils et des méchants ? Ou, plus exactement, existe-t-il une nature humaine foncièrement bonne ou mauvaise ? Deux auteurs nous aident à y voir plus clair pour nous aider à mieux répondre à cette question : (saint) Augustin et Jean-Jacques Rousseau. Et la philosophie de se frotter aux conceptions religieuses.


 

Il est incontestable que l’éducation, les mœurs et les lois ont tendance à infléchir nos comportements spontanés pour les rendre, sinon meilleurs, du moins plus sociables et plus favorables à la coexistence pacifique des uns et des autres. Mais en-deçà de la simple sociabilité, si l’on pouvait remonter à la racine de la nature humaine elle-même, découvrirait-on qu’elle est fondamentalement bonne ou radicalement mauvaise ? Étudions deux grandes réponses apportées à cette problématique morale qui s’attache à penser ce qu’on ne peut connaître : la nature humaine dans sa pureté nue.

Augustin : Dieu ne peut être tenu pour responsable du mal… 

L’épisode du vol du poire bien connu : à 16 ans, le jeune Augustin découvre le sentiment de culpabilité après d’être emparé des poires dans un champ à côté de chez lui, non par faim ni par gourmandise, mais parce que c’était défendu et donc attirant… Cependant, ce n’est qu’un élément parmi d’autres qui montrent que la question du mal, en tant qu’elle interroge la nature de sa relation à Dieu, hante la vie et l’œuvre d’Augustin. Dans le livre VII de ses Confessions en particulier, le philosophe cherche longuement ce qu’il appelle « l’explication, la solution du problème de la cause du mal ». À une certaine période de sa vie, il a cru avoir trouvé celle-ci dans le manichéisme, c’est-à-dire cette doctrine religieuse conçue par Mani selon laquelle tout l’Univers serait organisé autour d’un grand antagonisme entre, d’un côté, le principe du bien et, de l’autre, le principe du mal – Dieu et le démon. Mais au moment où il rédige son traité, Augustin a renoncé à cette vision du monde et la considère comme une erreur de jeunesse. La question n’en revient pas moins de manière entêtante à son esprit : quelle est l’origine du mal ? Doit-il considérer que les êtres humains sont dotés d’un libre arbitre et qu’ils peuvent librement vouloir le mal ? Peut-il l’admettre sans imputer indirectement cette volonté de faire le mal à la création divine ?

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