Aller au contenu principal
Menu du compte de l'utilisateur
    S’abonner Boutique Newsletters Se connecter
Navigation principale
  • Le fil
  • Archives
  • En kiosque
  • Dossiers
  • Philosophes
  • Lexique
  • Citations
  • EXPRESSO
  • Agenda
  • Masterclass
  • Bac philo
 Philosophie magazine : les grands philosophes, la préparation au bac philo, la pensée contemporaine
rechercher
Rechercher

Exposé à la New York Historical Society, le tableau La Destruction du peintre américain Thomas Cole, issu de la série Le Destin des empires (1836), présente une vision du sac de Rome (455) © FineArtImages/Leemage

Analyse

“Le Déclin de l’Occident”, un livre dangereux ou prophétique ?

Michel Eltchaninoff publié le 01 décembre 2020 7 min

Avec Le Déclin de l’Occident, son best-seller paru il y a cent ans, l’historien allemand Oswald Spengler propose de considérer les civilisations comme des organismes qui naissent, fleurissent, et finissent par mourir. Selon lui, l’Occident du début du XXe siècle est parvenu à son stade terminal et seul un nouveau césarisme le sauvera de la décadence. Nous avons passé en revue ses thèses principales… et leurs écueils qui influencent encore le débat public aujourd’hui. 

 

Pour une révolution copernicienne en histoire

Spengler, qui s’est créé une vaste culture en autodidacte, déplore l’« occidentalocentrisme » des historiens de son temps. Il critique le découpage systématique de l’histoire en trois périodes – Antiquité, Moyen Âge, Temps modernes –, qui fait croire à une évolution vers le mieux emmenée par l’Occident victorieux. À ses yeux, les historiens sont aussi naïfs en trouvant le XIXe siècle après Jésus-Christ « infiniment plus riche et plus important que, par exemple, le XIXe siècle avant J.-C. ». Mais « la Lune nous apparaît plus grande que Jupiter et Saturne ». Il est temps que l’historien, comme l’astronome en son temps, se débarrasse des préjugés liés à sa position dans l’espace et dans le temps. 

 

Les cultures sont des organismes vivants

Au lieu de présupposer un progrès infini de toutes les cultures mondiales (vers ce que nous sommes devenus, nous, Occidentaux), Spengler considère que les cultures « sont des organismes » vivants. Chacune « traverse les phases évolutives de l’homme », « chacune a son enfance, sa jeunesse, sa maturité et sa vieillesse ». Elle a une durée et un « tempo » propres, donc une certaine « durée de vie ». Si l’on sait comparer et observer, on peut donc « prédire l’avenir car il y a des cycles vitaux ». En effet, « des situations très précises, postérieures à notre situation actuelle […], ont déjà maintes fois existé dans l’histoire passée ». Et ce qui va arriver est parfaitement indépendant « de nos idéaux, nos espoirs, nos désirs personnels ». Inutile de rêver ou de faire croire à un sursaut de l’Occident : son déclin est un fait objectif. 

 

Nous les tardifs

Les cultures, jeunes et gauches, se transforment en civilisations, lourdes et sophistiquées. C’est le cas à toutes les époques, et c’est le stade qu’a atteint l’Occident : « Nous sommes des civilisés, non des hommes du gothique ou du rococo, nous avons à compter avec les faits durs et sévères d’une vie tardive, qui n’a pas son pendant dans l’Athènes de Périclès mais dans la Rome des Césars. Pour l’Européen occidental, il ne sera plus question d’une grande peinture ou d’une grande musique. Ses possibilités architectoniques sont épuisées depuis cent ans. » Nous sommes voués à jouer sur les codes du passé, et non plus à inventer. C’est le jugement qu’aurait porté Spengler sur la notion de post-modernisme. La « vie tardive, artificielle, déracinée », est déjà proche de la mort. 

Les concepts liés à cet article
Absolu
Confucianisme
Dieu
Nihilisme
Relatif
Sophiste
Voir tout le lexique
Expresso : les parcours interactifs
Comme d'habitude...
On considère parfois que le temps est un principe corrosif qui abîme les relations amoureuses. Mais selon le philosophe américain Stanley Cavell l'épreuve du quotidien peut être au coeur d'un principe éthique : le perfectionnisme moral, qui permet à chacun de s'améliorer au sein de sa relation amoureuse.
Découvrir Tous les Expresso
Sur le même sujet
Article
6 min
L’enseignement de la philosophie à l’épreuve du relativisme des élèves
Array Ulysse 08 octobre 2021

Ulysse a 25 ans et a obtenu son premier poste de professeur de philosophie l’an dernier. Lors de cette première année d’enseignement, une…

L’enseignement de la philosophie à l’épreuve du relativisme des élèves

Bac philo
3 min
La religion
Nicolas Tenaillon 01 août 2012

La religion est un système de croyance qui repose sur deux liens : « vertical » – avec un ou des dieux – et « horizontal » – avec une communauté d’hommes de foi. Si vous êtes croyant, la religion dépendra pour vous d’une révélation,…


Article
1 min
Les philosophes face au nazisme. Avant, pendant, après Auschwitz
14 janvier 2015

[En librairie le 15 janvier 2015] Qu’en pleine lumière, la patrie de Kant et de Nietzsche, de Hegel et de Husserl, ait pu bâtir la machine de mort…

Les philosophes face au nazisme. Avant, pendant, après Auschwitz

Entretien
6 min
Johann Chapoutot : le nazisme, un mal 
qui donne à penser
Sven Ortoli 26 septembre 2023

L’historien Johann Chapoutot s’attache à dégager les conditions qui ont permis l’avènement du nazisme avec le concours de la population. Il rappelle que la mise en œuvre du projet hitlérien était articulée à une vision du réel et à un…


Entretien
10 min
Enzo Traverso : "Pour Arendt, le totalitarisme est la négation de la politique"
Catherine Portevin, Pauline Brenders,

Fascisme, nazisme, stalinisme : pour affronter les trois monstres du XXe siècle, il a fallu forger un mot nouveau, le totalitarisme. L’historien Enzo Traverso retrace le parcours, mais aussi les usages et les malentendus de ce…


Article
11 min
Zeev Sternhell : “Pour les fascistes, les mythes valent mieux que la raison”
Alexandre Lacroix 24 avril 2014

Alors que l’historien israélien est décédé samedi 21 juin 2020, nous republions l'entretien qu'il nous avait accordé en mai 2014, à l'occasion de…

Zeev Sternhell : “Pour les fascistes, les mythes valent mieux que la raison”

Article
4 min
L’esclavage naît-il du racisme… ou l’inverse ?
Philippe Garnier 13 décembre 2021

Les sociétés occidentales ont-elles prospéré depuis la Modernité en s’appuyant sur un « racisme structurel », comme le soutient « …

L’esclavage naît-il du racisme… ou l’inverse ?

Article
3 min
L’autonomie de la politique
28 septembre 2006

Le philosophe devient dangereux quand il veut soumettre la politique à la norme du Vrai. C’est là l’erreur de Platon, comme celle de Martin Heidegger… Telle est la critique du philosophe-roi que formule, au nom du relativisme, Barbara…


À Lire aussi
Foucault, un envoyé spécial en Iran
Foucault, un envoyé spécial en Iran
Par Martin Legros
décembre 2022
Au nom du père
Au nom du père
Par Sven Ortoli
décembre 2015
André Gorz, un utopiste lucide à la pensée prophétique
André Gorz, un utopiste lucide à la pensée prophétique
Par Octave Larmagnac-Matheron
février 2023
  1. Accueil-Le Fil
  2. Articles
  3. “Le Déclin de l’Occident”, un livre dangereux ou prophétique ?
Philosophie magazine n°178 - mars 2024
Philosophie magazine : les grands philosophes, la préparation au bac philo, la pensée contemporaine
Avril 2024 Philosophe magazine 178
Lire en ligne
Philosophie magazine : les grands philosophes, la préparation au bac philo, la pensée contemporaine
Réseaux sociaux
  • Facebook
  • Instagram
  • Instagram bac philo
  • Linkedin
  • Twitter
Liens utiles
  • À propos
  • Contact
  • Éditions
  • Publicité
  • L’agenda
  • Crédits
  • CGU/CGV
  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • Questions fréquentes, FAQ
À lire
Bernard Friot : “Devoir attendre 60 ans pour être libre, c’est dramatique”
Fonds marins : un monde océanique menacé par les logiques terrestres ?
“L’enfer, c’est les autres” : la citation de Sartre commentée
Magazine
  • Tous les articles
  • Articles du fil
  • Bac philo
  • Entretiens
  • Dialogues
  • Contributeurs
  • Livres
  • 10 livres pour...
  • Journalistes
  • Votre avis nous intéresse