Londres / Terrorisme

Le care à l’épreuve du feu

Michel Eltchaninoff publié le 2 min

En allant parlementer avec les assassins du soldat britannique tué à la machette en mai dernier, des femmes ont maîtrisé une situation dangereuse. L’éthique du care serait-elle efficace ?

Le meurtre d’un soldat britannique par de jeunes terroristes apparemment autoradicalisés, le 22 mai à Woolwich, dans la banlieue de Londres, a été suivi d’une scène hallucinante : plusieurs femmes, qui passaient par là, ont tenté de porter secours à la victime qui venait de mourir. Puis l’une d’elle a été prise à partie par l’un des meurtriers, armé d’un revolver et d’une machette. Ingrid Loyau-Kennett, une mère de famille de 48 ans, témoigne alors d’un incroyable sang-froid. Cette ancienne cheftaine scoute raconte : « Je n’ai pas ressenti grand-chose. Je n’ai pas eu peur car il n’était pas ivre ni sous l’effet de drogues. Il était normal. Je pouvais lui parler, il voulait parler… Donc c’est ce qu’on a fait. » Lorsqu’elle a remarqué que le second « garçon » était également armé et que la foule commençait à se rassembler, elle a tout fait pour empêcher que la situation ne dégénère : « Je devais continuer à lui parler avant qu’il ne remarque ce qui se passait autour de lui », rapporte-t-elle, ajoutant qu’elle faisait en sorte que les armes soient pointées « vers une personne comme moi plutôt que vers quiconque, au moment où des enfants commençaient à sortir de l’école ».

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