Exposition

À la rencontre de Jean Tinguely et de ses drôles de philosophes

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À la rencontre de Jean Tinguely et de ses drôles de philosophes

Jean Tinguely, impasse Ronsin, Paris, début des années 1960. Photo ©Centre Pompidou, MNAM- CCI, Bibliothèque Kandinsky/Fonds Shunk et Kender/Dist. GrandPalaisRmn. Photo Shunk- Kender ©J. Paul Getty Trust, tous droits réservés. Gift of the Roy Lichtenstein Foundation in memory of Harry Shunk and Janos Kender

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L’exposition Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten, qui se tient actuellement au Grand Palais (jusqu’au 4 janvier 2026), présente au public quelques étranges sculptures cinétiques de Jean Tinguely qui répondent aux noms de Rousseau, Bergson ou Heidegger. Mais que donnent-elles à voir ? 


On célèbre cette année le centième anniversaire de sa naissance. Moins connu que celle qui fut sa femme, Niki de Saint Phalle, le sculpteur suisse Jean Tinguely (1925-1991) n’en est pas moins un artiste qui a marqué l’histoire de l’art avec ses œuvres surprenantes qui ressemblent souvent à des machines fantastiques. Mais ce pionnier de l’art cinétique, également peintre et dessinateur, s’intéressait aussi aux idées. Issu d’une famille de confession catholique, il rompt avec elle pendant la guerre avant de, désireux de conserver quelque chose comme une ferveur religieuse, se tourner vers le communisme, puis vers l’anarchisme et la libre-pensée. Il écrit en 1977 :

« L’anarchie serait la forme idéale de relations politiques entre l’individu et la société. […] Je sais qu’il semble utopique, aujourd’hui, de lutter pour la non-violence et l’harmonie de l’existence, mais c’est le seul chemin qui soit » 

Jean Tinguely, « Was mir gefällt » (Ce qui me plaît)

Ses auteurs préférés sont le savant libertaire Pierre Kropotkine et le philosophe anarcho-individualiste Max Stirner, dont l’ouvrage L’Unique et sa propriété (1844) était, disait-il, son livre préféré. Le livre de Stirner, héritier critique de Hegel, est un vigoureux pamphlet contre toutes les formes d’institutions qui pourraient aliéner le « moi ».

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