Les clés d’un classique
La constellation Daniel Dennett
“Philosophie magazine” N°182. © Maître Londiche pour Philo Éditions
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 182 de Philosophie magazine, en kiosque le 22 août 2024.
Le philosophe s’oppose aux théories cartésienne et phénoménologique de la conscience, et propose une vision empirique de l’esprit. Sa pensée originale a suscité des adhésions et des rejets.
Daniel Dennett (1942-2024)
Daniel Dennett a enseigné la philosophie à l’université Tufts, dans le Massachusetts. C’est l’un des philosophes de l’esprit les plus influents de ces dernières décennies.
Il hérite de…
David Hume (1711-1776)
Philosophe écossais, il a remis en question l’idée qu’il y a quelque chose de substantiel et d’indivisible derrière les processus de conscience. Dans son Enquête sur l’entendement humain (1748), il décrit le moi comme éclaté entre des pensées, des sensations et des émotions qui n’ont rien à voir entre elles. Dennett s’inscrit dans son sillage, car même s’il critique sa méthode introspective (selon lui, source d’illusions), il refuse de représenter l’esprit comme un centre de gravité stable.
Gilbert Ryle (1900-1976)
Philosophe britannique de l’université d’Oxford, il est célèbre pour sa critique du dualisme cartésien, présentée dans La Notion d’esprit (1949). Selon son expression, concevoir la conscience comme une entité immatérielle distincte des processus cérébraux revient à supposer l’existence d’un « fantôme dans la machine ». Daniel Dennett a traversé l’Atlantique pour suivre ses cours et faire sa thèse en bénéficiant de ses conseils, poursuivant ainsi cette entreprise démystificatrice.