Jeux de stratégie
Iran, se libérer aussi des mythes : la chronique de Michel Eltchaninoff
À Téhéran, le 19 janvier, un bâtiment des impôts incendié lors des manifestations. © Majid Asgaripour/WANA (Agence de presse d'Asie occidentale) via Reuters
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Cet article est issu du numéro 197 de Philosophie magazine, en kiosque le 19 février 2026.
Les événements dramatiques qui ont lieu en Iran font parfois naître des fantasmes orientalistes, liés au shah ou au chiisme. Il vaudrait mieux regarder la réalité d’un peuple qui prend tous les risques pour sortir de l’emprise de la dictature religieuse.
Encore raté ? C’est le sentiment de ceux qui espèrent depuis des décennies la chute de la dictature en Iran après la répression inouïe de janvier – j’écris ces lignes début février et ne sais évidemment pas ce qui peut encore se passer. Sur le schéma sismique des révoltes iraniennes, le soulèvement lancé fin 2025 était pourtant bien parti. Par rapport aux mouvements politiques (par exemple, la « révolution verte » de 2009), aux contestations étudiantes, aux colères sociales, aux troubles parmi les minorités ethniques, à la rébellion « Femme Vie Liberté », il les rassemble toutes. Et il survient à un moment où le régime est plus affaibli que jamais, avec la baisse de son influence régionale, la défaite face à l’attaque israélo-américaine, sans compter une crise économique majeure. La répression, elle aussi, est inédite par son ampleur et sa cruauté. Un régime qui utilise des armes de guerre contre son peuple est condamné. Mais comment se déroulera le changement tant attendu ? Et quand ?