Questionnaire de Socrate

Hugo Marchand : figure libre

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Hugo Marchand : figure libre

Hugo Marchand © Laura Gilli

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Cet article est issu du numéro 184 de Philosophie magazine, en kiosque le 24 octobre 2024.

Danseur étoile de l’Opéra de Paris, Hugo Marchand sera sur la scène du palais Garnier dans le ballet Mayerling du chorégraphe Kenneth McMillan à partir du 29 octobre, avant d'interpréter des pièces de William Forsythe, Sharon Eyal et Mats Ek. Malgré cet emploi du temps chargé, il s'est prêté de bonne grâce à notre « Questionnaire de Socrate».

Nommé danseur étoile de l’Opéra de Paris en 2017, Hugo Marchand sera sur scène, en cette saison, dans le ballet Mayerling du chorégraphe britannique Kenneth McMillan à partir du 29 octobre, puis dans des pièces de William Forsythe, Sharon Eyal ou Mats Ek. Né à Nantes en 1993, il a raconté son parcours sur un mode intime dans son livre Danser (écrit avec Caroline de Bodinat, Arthaud, 2021). Du même âge que Germain Louvet, avec qui il a fait ses classes à l’école des « petits rats » et qui a été nommé étoile en 2016, il fait partie des nouveaux visages du ballet, d’une génération de danseurs qui ont inventé une manière d’être assez nouvelle, moins inaccessible, se montrant beaucoup plus présents dans l’espace public, investissant les réseaux sociaux, ne craignant pas de faire entendre leur voix personnelle et de s’engager pour des causes qui leur tiennent à coeur. Hugo Marchand est aussi de ces nouveaux interprètes polyvalents qui se montrent aussi à l’aise dans le registre classique, où il s’est illustré dans le Casse-Noisette de Noureev ou La Sylphide de Pierre Lacotte, que dans le contemporain. D’une taille inhabituelle – 1,92 mètres – et doué d’une musculature impressionnante, ce géant gracieux est arrivé un peu en avance au rendez-vous qu’il nous avait donné, dans un café aux abords du palais-Garnier. Et ce qui ressort de cet exercice d’entretien rapide, c’est à la fois la sensibilité et l’exigence de trouver le mot juste, équilibré.


Quel est votre pas ou figure préférée ?

La petite batterie [un mouvement de danse classique où les jambes se croisent plusieurs fois lors d’un saut].

 

Et celui que vous redoutez le plus ?

Depuis que j’ai mal, les grands sauts. 

 

Avez-vous une astuce pour résister à la douleur ?

Non, je n’en ai pas. Il faut la traverser, faire avec, accepter qu’elle vous accompagne. J’ai longtemps cru qu’il était possible, par l’exercice, de faire en sorte que le corps soit parfait, qu’on pouvait l’organiser de manière à éviter toutes les douleurs. Maintenant que j’ai 30 ans, je comprends que les douleurs font partie du quotidien, qu’il faut seulement qu’elles soient acceptables et qu’on peut s’en faire de vieilles amies. Ce sont des thermostats ou des capteurs qui nous renseignent sur notre état général et nous aident à prendre la mesure des choses. Mais les éliminer, c’est impossible.

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