Naissance d’une notion
Hikikomori : et si le bonheur consistait à rester seul dans sa chambre ?
©Joshua Rawson-Harris/unsplash
Cet article est réservé aux abonnés.
Ils sont des plus en plus nombreux à vivre reclus dans leur chambre pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Comment comprendre ces hikikomori, qui sont à l’origine d’un véritable phénomène de société au Japon ? Une manière de mettre au défi Blaise Pascal, pour qui « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre ».
“File dans ta chambre !"
C’est une punition, à première vue, que de devoir rester enfermé dans sa chambre. Comme ces enfants qui, après avoir commis une bêtise, y sont renvoyés par des parents qui ne veulent plus les voir, ou comme ces prisonniers qui, affublés de bracelets électroniques géolocalisés, doivent purger leur peine chez eux, dans un domicile devenu un substitut de prison. Qui voudrait être assigné à résidence plutôt que de pouvoir sortir librement, se promener au grand air, découvrir le monde et rencontrer les autres ? L’expérience du confinement lors de la crise du Covid a rappelé à chacun de nous la violence de cette situation où l’on est contraint par force de rester chez soi, face à soi-même.
Le défi de Pascal
Le philosophe Blaise Pascal l’avait bien vu, qui lui opposait dans ses Pensées le doux plaisir des divertissements qu’offre l’agitation de la vie en société, y compris dans ce qu’ils peuvent avoir de vain et de superficiel.