Intelligence artificielle
GPT-4 a réussi le test de Turing… mais il manque encore de personnalité
© Alexandra Koch/Pixabay
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On se doutait que ça finirait par arriver, mais c’est tout de même un événement qui fait date : GPT-4, l’intelligence artificielle développée par l’entreprise OpenAI et qui alimente le système ChatGPT, vient de passer avec succès le fameux test imaginé par Alan Turing. Savons-nous encore faire la différence entre les humains et les machines ?
Oubliées, la victoire du supercalculateur Deep Blue sur le champion du monde d’échecs Garry Kasparov en 1997 ainsi que celle d’AlphaGo de Google sur le champion de go, Lee Sedol, en 2016. Dépassés, les « captcha » censés s’assurer qu’une réponse n’est pas générée par un ordinateur mais bien par un être humain. Banalisés, les recours à l’IA de plus en plus fréquents dans notre vie quotidienne. Une nouvelle étape a été franchie dans le développement de l’intelligence artificielle qui, pour la première fois dans l’histoire de façon sans équivoque, réussit le « test de Turing ».
Le jeu de l’imitation humaine
Dans son article « Computing Machinery and Intelligence » paru en 1950, le génial mathématicien Alan Turing, pionnier de l’intelligence artificielle, estimait en effet que les machines seraient un jour si performantes qu’on ne saurait plus les différencier des êtres humains après cinq minutes d’échange conversationnel. Turing lui-même prévoyait que le succès à ce qu’il appelait le « jeu de l’imitation humaine » se produirait avant la fin du XXe siècle. S’il s’est montré trop optimiste sur ce dernier point, ce jour semble être néanmoins arrivé selon Cameron R. Jones et Benjamin K. Bergen, chercheurs en sciences cognitives de l’université de Californie à San Diego (UCSD). Ils ont en effet demandé à 500 personnes d’échanger pendant cinq minutes et par écrit avec quatre répondants, à savoir un être humain, un programme d’IA des années 1960 (Eliza), ainsi que les systèmes GPT-3.5 et GPT-4. Les résultats de leur étude, publiée ici le 9 mai 2024, semblent sans appel : si les participants ont jugé qu’Eliza était humain à 22% seulement, les résultats obtenus par GPT-3.5 et surtout GPT-4 étaient nettement plus élevés : leurs interlocuteurs étaient respectivement 50% et 54% à penser qu’ils avaient affaire à un authentique être humain ! Une progression spectaculaire qui indique qu’au terme d’une courte interaction désormais, nous sommes majoritairement devenus incapables de distinguer un être humain d’une machine.