Air du temps
Figurines “pop” : nouveaux fétiches ou vieux bibelots ?
© Melvin Chavez/Unsplash
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Elles s’alignent sur les étagères, colonisent les bureaux et s’exhibent sur TikTok. Les petites figurines – Sonny Angel, Labubu et consorts – sont devenues un phénomène de société, en particulier chez les jeunes adolescents. Que nous disent ces mini-icônes de notre manière contemporaine de croire, de désirer, de nous attacher ?
Souvenez-vous du salon de vos grands-parents. Sur le coin d’un buffet ou d’une étagère, il est probable que vous ayez croisé le regard d’une petite Vierge de Lourdes en plastique nacré rapportée d’un pèlerinage, d’un scarabée en faïence bleue acheté sur un marché du Caire ou de quelque autre bibelot. Posés dans un coin, chargés d’une mémoire, ces objets appartiennent à l’univers modeste des choses qui ne servent à rien mais auxquelles on est attaché.
Peu importe qu’ils soient kitsch, pourvu qu’ils condensent une histoire personnelle, une fidélité affective, parfois une superstition à peine avouée. Ces bibelots – du vieux français belbel, redoublement hypocoristique de « beau » qui signifiait « jouet » – témoignent moins d’un goût que d’un attachement, et c’est précisément ce qui les distingue du simple ornement. Le bibelot garde, retient et sédimente.
Ancrage tactile
Une nouvelle mode de bibelots émerge depuis quelques années : celle des figurines « pop » qui s’alignent sur les bureaux, s’accrochent aux sacs, se collent sur les téléphones et, surtout, qui sont photographiées pour les réseaux sociaux. Des enseignes comme Pop Mart, née à Pékin et désormais présente dans le monde entier, ont fait de la statuette miniature un produit de consommation mondiale à travers une multitude de produits fabriqués en série (toujours limitée) et de collaborations avec des franchises, designers et créateurs (toujours médiatisés). Comment expliquer un tel engouement ?