Le match
Doit-on cacher nos faiblesses ? Marc Aurèle contredit par Judith Butler
Marc Aurèle - Judith Butler. ©Domaine public - ©Wikimedia commons
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Cet article est issu du numéro 203 de Philosophie magazine, en kiosque le 24 septembre 2026.
Révéler nos failles, est-ce faire preuve de sensiblerie ou de sensibilité ? Cette question qui déchire deux philosophes, l’antique Marc Aurèle et la contemporaine Judith Butler, est plus politique qu’il n’y paraît.
Premier round : Marc Aurèle ne compte que sur lui-même
Pour Marc Aurèle, montrer nos faiblesses nous expose à deux erreurs : d’abord, selon lui, il vaut mieux apprendre à soigner nous-mêmes nos blessures plutôt que de laisser aux autres le soin de les panser, afin d’«être maître de soi et de ne pas se laisser entraîner par rien ». Qui mieux que nous peut savoir ce dont nous avons besoin ? Ensuite, il estime que mettre en avant notre vulnérabilité nous rend dépendants d’une opinion extérieure : « Vénère la faculté de te faire une opinion », affirme-t-il dans ses Pensées pour moi-même. Le problème est donc de s’en remettre à ce qui ne dépend pas de nous et de faire reposer notre bonheur sur la fortune, une forme de hasard. Or, sans autonomie, pas de tranquillité de l’âme. Finalement, l’idéal serait-il de ne pas sortir de sa citadelle intérieure ?