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Devenir Beauvoir : deux livres pour (re)découvrir une vie d’engagement féministe

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Devenir Beauvoir : deux livres pour (re)découvrir une vie d’engagement féministe

Simone de Beauvoir en novembre 1945. © Collection Harlingue / Roger-Viollet

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Cet article est issu du numéro 198 de Philosophie magazine, en kiosque le 26 mars 2026.

Classique décisif sur la domination et l’aliénation des femmes, Le Deuxième Sexe fait son entrée dans la prestigieuse collection de La Pléiade, alors que paraît un passionnant volume de textes et interventions diverses de la philosophe. Ces écrits retracent l’engagement constant de Simone de Beauvoir, pendant près de trois décennies, sur tous les terrains où la révolution féministe, toujours en cours, s’est jouée.

 

Ça y est ! On peut désormais lire Le Deuxième Sexe sur ce célèbre papier Bible, très fin et très doux, si caractéristique de La Pléiade. Cette consécration, quarante ans après la mort de Simone de Beauvoir, rend justice à un essai philosophique majeur, qui, pour des milliers de lectrices, a eu l’effet d’un cataclysme. Comme la pilule rouge dans Matrix, l’ouvrage donne soudainement à voir le monde différemment. L’une des forces du Deuxième Sexe est d’avoir montré les rouages de l’aliénation des femmes de manière à la fois très précise et panoramique, en étudiant « les faits et les mythes » (tome 1) comme « l’expérience vécue » (tome 2). Lire les deux parties à la suite permet de saisir leur « interdépendance », comme le souligne l’introduction de cette nouvelle édition rédigée par Esther Demoulin. Si les deux tomes sont reliés, c’est parce que les mythes associés à la féminité travaillent de l’intérieur l’expérience réelle des femmes. Les personnages littéraires de princesses éthérées et de mères sacrificielles ont un effet concret sur le mode de vie, les décisions et même sur le corps des femmes. Le Deuxième Sexe met au jour la façon dont le « piège de la féminité » se referme sur les épouses pour boucher leur destin et amoindrir, voire asservir leur expérience de vie, les condamnant à mener une existence perpétuellement déchirée entre leur couple, le soin des enfants et leur travail. « Une fois que les femmes ont ouvert les yeux sur leur oppression, ça ne peut plus jamais s’occulter complètement », disait Beauvoir lors d’un entretien au Monde en 1983. 

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