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Désaccords de majeurs. La chronique d’Anne-Sophie Moreau

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Désaccords de majeurs. La chronique d’Anne-Sophie Moreau

© Malik Earnest/Unsplash

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Cet article est issu du numéro 180 de Philosophie magazine, en kiosque le 30 mai 2024.

Une commission gouvernementale vient de fixer sous conditions la « majorité numérique » à 15 ans. Mais pourquoi, face à la jeunesse, la loi a-t-elle tant de mal à se repérer entre autonomie et responsabilité ?

Et vous, à quel âge avez-vous roulé votre première pelle ? Regardé un film d’horreur ? Conduit pour la première fois ? Si les expériences de jeunesse ont la saveur de l’inédit, elles peuvent être néfastes lorsqu’elles ont lieu trop tôt. Mais comment décider du stade auquel un cerveau est suffisamment mature pour vivre ses « premières fois » ? Et – sujet plus grave – comment déterminer à quel âge un adolescent doit pouvoir répondre de ses actes devant la justice ?

Ces derniers temps, notre boussole en matière d’évaluation de la maturité des jeunes semble s’être déréglée. Quel que soit leur bord, les politiques s’obstinent à vouloir abaisser ou relever l’âge minimum auquel telle activité devient légale ou tel délit entraîne des poursuites. Avec un point commun : une absence de cohérence qui dénote une flagrante perte de repères. Preuve en est la multiplication des « majorités » : aux majorités civile (18 ans), sexuelle (15 ans) et pénale (18 ans, mais il y a responsabilité pénale dès 13 ans), s’ajoute désormais une « majorité numérique ». Cette dernière, fixée à 15 ans, fait encore débat, puisque la « commission écrans » consultée par le gouvernement préconise d’interdire l’accès à TikTok, Instagram ou Snapchat avant 18 ans.

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