Questionnaire de Socrate
Touchée, pas coulée : l’écrivaine Lize Spit répond à notre “Questionnaire de Socrate”
Lize Spit. ©Keke Keukelaar
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Cet article est issu du numéro 202 de Philosophie magazine, en kiosque le 20 août 2026.
Le corps raconte-t-il sa propre histoire ? À la suite du cancer de sa mère, Lize Spit remonte le fil de ses métamorphoses dans un récit publié chez Actes Sud. Après s’être consacrée à la fiction, elle fait le pari d’une Autobiographie de mon corps, où elle ausculte ses zones de honte, de culpabilité, mais aussi le refuge que devient peu à peu l’écriture. Atteinte elle-même d’une maladie chronique, elle accorde différentes temporalités : celle des souvenirs qui remontent par flashs, d’une glycémie fantaisiste et de la mort dont on sait qu’elle sera l’issue.
Votre plus vieux souvenir ?
Ce n’est pas le plus ancien mais le premier que je qualifierais d’heureux. Pour ma communion, ma mère a cousu les vêtements que je portais. Alors qu’elle prenait mes mesures, j’ai enfin eu l’impression d’avoir à la fois un corps propre et de le sentir connecté à celui de ma mère. Nous n’étions pas une famille affectueuse, c’était donc un événement.
Pour vous l’inspiration, c’est…
Je me suis rendu compte que le deuil avait été un sacré activateur, dans le sens où il rend tout plus intense, en premier lieu vos sensations. C’est comme si plein de petites portes s’ouvraient en vous. C’est pourquoi cette période d’adieux – lorsqu’on a la chance de la vivre – fabrique énormément de souvenirs.