Intelligence artificielle / Recherche

Lionel Naccache : “Des propriétés spécifiques de la conscience semblent émerger dans certains modèles de langage par IA”

Temps de lecture : 3 min

Lionel Naccache : “Des propriétés spécifiques de la conscience semblent émerger dans certains modèles de langage par IA”

Lionel Naccache. © Joanna Tarlet Gauteur/Signatures pour PM

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 202 de Philosophie magazine, en kiosque le 20 août 2026.

Les chercheurs d’Anthropic ont intégré à leur intelligence artificielle (IA) Claude une modélisation de la conscience en forme d’« espace de travail neuronal global », élaboré, entre autres, par le neuroscientifique Lionel Naccache. Ce dernier rend compte des premiers résultats. 

 

Pouvez-vous nous expliquer la modélisation de la conscience que vous avez élaborée et qui a servi de base à l’expérience d’Anthropic ?

Lionel Naccache : La théorie de l’espace de travail neuronal global [ou GNW] que nous élaborons avec Stanislas Dehaene, Jean-Pierre Changeux, Claire Sergent repose sur une propriété fondamentale de la conscience soulignée par Bernard Baars dès la fin des années 1980 : la « disponibilité cognitive ». Lorsque nous prenons conscience d’une perception, d’un souvenir ou d’un sentiment, il devient immédiatement accessible à l’ensemble de nos facultés cognitives de haut niveau. On peut le nommer, s’en souvenir, en tirer une décision. La prise de conscience correspond au passage d’un espace non conscient, spécialisé, « modulaire », vers un espace conscient global : l’espace de travail neuronal. L’entrée d’une représentation mentale dans l’espace de travail global conscient expliquerait sa disponibilité cognitive. Nous avons proposé une version neuronale de cette propriété cognitive.

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

Conscience