Nouvelles vagues
Être “étang” ? La chronique d’Anne-Sophie Moreau
©Jasper Pappas/unsplash
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Cet article est issu du numéro 190 de Philosophie magazine, en kiosque le 28 mai 2025.
Par crainte des canicules, les destinations ensoleillées ne font plus vraiment rêver les vacanciers qui leur préfèrent la fraîcheur des sous-bois, marais et autres zones humides. Une étonnante réhabilitation à laquelle les philosophes ne sont pas étrangers.
L’image est saturée de vert. Au premier plan, des roseaux et les feuillages d’un arbre encadrent le paysage. On aperçoit un chalet en bois au bord de ce qu’on devine être un lac ou un marais. L’entreprise vend des séjours en camping – pardon, « glamping », fusion de « glamour » et de « camping » – dans des cadres idylliques. Une expérience « inoubliable par nature », promet la publicité. Un point me frappe : la disparition de la lumière comme argument de vente. Lorsque j’étais enfant, dans les années 1980, les voyagistes cherchaient à nous séduire avec des promesses de vues imprenables sur la Méditerranée. La campagne de pub classique affichait une île grecque, jouant sur le contraste entre le bleu azur de l’horizon et des terrasses d’un blanc immaculé, écrasées sous la chaleur de midi.